Les fêtes

  La St Pierre

 

Les fêtes

  

 

La saint Éloi


Cette fête n'a pas laissé de traces écrites avant le XIX ème siècle. On peut imaginer que la dévotion au patron des orfèvres, des métiers des métaux, des maréchaux-ferrants, remonte au Moyen-age. Mais, depuis quand les paysans mollégeois ont-ils pris Saint Éloi comme saint patron ?   Nous l'ignorons.

Cette fête n'est pas propre à Mollégès; on la retrouve dans une dizaine de localités au nord des Alpilles. Elle est caractérisée par le défilé d'une charrette garnie de verdure, tirée par plusieurs dizaines de chevaux de labour richement harnachés et attelés en flèche, c'est à dire à la queue leu leu. Il semble que ces charrettes apparaissent autour de 1750 quand les mulets puis les chevaux de labour ont remplacé les bœufs dans l'agriculture de la région. Fête religieuse marquée à l'origine par la bénédiction des chevaux, elle s'est lentement laïcisée et parfois politisée.

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La charrette tirée par 15 chevaux au galop passe le tournant de la poste
Rénovée à partir de 1970 par la Fédération Alpilles Durance des sociétés de Saint Éloi et Saint Roch , elle défend une idée précise de la tradition, associant à la fête religieuse la promotion du costume arlésien et des danses régionales. Le succès populaire est indéniable et croît chaque année.
Ici, la fête débute le samedi; deux prieurs, nommés pour l'année, président les cérémonies. Une messe est dite pour les défunts de la société suivie d'une aubade aux autorités et d'une distribution de tortillades (petites couronnes à l'anis) aux enfants des écoles et aux commerçants. L'après-midi, on garnit la charrette de branches de peupliers, d'ormeaux et de frênes qui sont les arbres les plus courants de cette région d'où le nom de carreto ramade qu'on lui donne. Et puis, vers 19 heures, c'est l'arrivée de la charrette attelée en flèche d'une quinzaine de chevaux. La foule se presse dans le tournant de la poste pour voir l'attelage au galop négocier ce fameux virage, les charretiers pendus au tire-mors de leur bête, sous le roulement des tambours qui accélèrent la course.
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harnachement à la sarrasine
Le jeu est violent et les cœurs battent plus fort. Dans un impressionnant dérapage, la charrette passe, menée de main de maître par le baïle. Le dimanche matin, charretiers et villageois sont invités par la confrérie de Saint Éloi au mas d'un des prieurs pour déjeuner de grillades et charcuterie dans une ambiance "bon enfant" pendant qu'on finit de décorer la charrette avec des épis de blé, des genêts et des branches de tamaris. Les chevaux sont harnachés à la sarrasine de grands colliers chamarrés garnis de petits miroirs et de pompons ainsi que de peaux de moutons teintes. La richesse de la charrette se mesure au nombre de chevaux et il n'est pas rare, à Mollégès, d'en avoir une quarantaine.
Ces chevaux appartiennent aux membres de la Fédération de Saint Éloi et ne sont entretenus que pour participer à ces fêtes. Après la messe et le sermon en provençal, le prêtre bénit les attelages, les chevaux, les fanions, les tortillades, la bannière. S'ensuit la procession du saint protecteur autour du château et le défilé commence rythmé par les galoubets et les tambourins. Chaque charretier portant pantalon bleu, chemise blanche et taïole jaune prend en main d'honneur une dame en costume d'arlésienne rivalisant d'élégance sous son ombrelle de dentelles. Les jeunes garçons font claquer leur fouet; les enfants, costumés en Mireille et Vincent se serrent dans une jardinière tirée par un cheval débonnaire et la foule toujours plus nombreuse applaudit à chaque passage.
Puis, le repas réunit la majorité des participants sous l'ombrage de la maison de nos anciens. L'après-midi est consacré à des concours de boules, des danses folkloriques et tout se termine à la nuit par le feu de la Saint-Jean.