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Les dames de Mollégès

Du XIIIe au XVI e siècle, l'histoire de Mollégès se confond avec celle de l'abbaye bénédictine qui y a été édifiée et dont le renom s'étend sur toute la Provence. En effet, le fief de Mollégès avait été cédé par l'abbaye de Montmajour à l'archevêque d'Arles qui le céda à son tour à la famille de Porcellets.
En 1208, Sacristane de Porcellets fonde l'abbaye Sainte Marie de Mollégès soumise à l'ordre de Citeaux. Au XIIIe siècle y vivent près de cinquante moniales issues pour la plupart de familles nobles. Connues sous le nom de "Dames de Mollégès" elles continuent  l'œuvre d'assèchement entreprise par les moines, apportant renom et prospérité.
L'abbaye est propriétaire, pour les trois quarts, du fief de Mollégès (le quatrième quart appartenant à un seigneur laïque), du fief d'Eygalières et de possessions dans le pays d'Arles.

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Sa principale ressource est l'exploitation des paluds avec des droits sur la pêche aux anguilles. Dans les terres asséchées paissent d'importants troupeaux  de boeufs, de chevaux et de brebis. Les principales cultures sont le lin et le chanvre.

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Les abbesses perçoivent de nombreuses taxes, droits et péages. Fières de leur indépendance, elles s'opposent plusieurs fois à leurs tuteurs, les archevêques d'Arles.
Elles possèdent, sur leur territoire, droit de haute, moyenne et basse justice; ce qui entraîne de nombreuses contestations par le coseigneur laïque, les officiers du Comte de Provence puis par le Roi après le rattachement de la Provence au Royaume de France.
Au XIVe siècle, le village s'entoure de remparts pour tenter, mais en vain, de se protéger contre les pillages des "grandes compagnies". Les guerres, les épidémies, le brigandage entraînent le déclin de l'abbaye rattachée, en 1436, à celle de Ste Croix d'Apt. Les moniales quittent définitivement Mollégès mais l'abbaye royale de Ste Croix d'Apt garde les revenus des 3/4, puis de la totalité du fief . Les abbesses reviennent chaque été, conformément au droit d'albergue, en compagnie de quelques religieuses pour gérer leur domaine.

Au XVIe siècle, l'abbaye devient la résidence des Châteauneuf  Mollégès, détenteurs du quart de la Seigneurie reçue en dot par Guigonet de Chateauneuf  lors de son mariage, en 1285, avec Laure fille de Pierre Audibert chevalier de Noves. Cette branche s'éteint en 1763 au décès d'Anne de Châteauneuf  "Dame de Mollégès, dernière de l'illustre et ancienne famille de Châteauneuf, en possession de ce lieu depuis avant 1280, ensevelie dans sa sépulture seigneuriale au dessous de son banc dans l'église (1)". Les héritiers cèdent la dernière partie de leurs droits aux abbesses en 1773. C'est à cette famille que l'on doit la façade renaissance donnant sur la cour intérieure du château . 
(1) Registres paroissiaux.