A

Tapisseries anciennes

.

De l'apprentissage d'une profession
à la médaille d'or au concours des Meilleurs Ouvriers de France.

Connue depuis la plus haute antiquité, la tapisserie est l'une des plus anciennes techniques de l'art textile. Représentations figurées sur des sculptures ou descriptions littéraires attestent de la connaissance de cet art tant en Chine qu'en Amérique précolombienne ou en Egypte, plusieurs milliers d'années avant notre ère. En Europe, si l'existence de tapisseries est signalée depuis la fin du VIIIème siècle, il faut attendre la deuxième moitié du XIV me pour voir cet art se développer. Placées sur les murs des églises ou des demeures royales, elles décoraient mais surtout protégeaient du froid. Elles n'étaient pas destinées à demeurer en place mais à suivre leurs riches propriétaires dans leurs déplacements de château en château et au cours de leurs campagnes militaires. Au cours de leurs multiples déplacements, elles subissaient de nombreuses déprédations et celles qui nous sont parvenues nécessitent très souvent d'importants travaux de rénovation.

La restaurations de ces œuvres est réalisée par des artisans d'art. Nous vous invitons à découvrir cette activité à travers la rénovation d'une tapisserie mille fleurs faite par Mme Rachida Mallogi dans l'atelier qu'elle a créé à Mollégès.

Auparavant, Rachida, embauchée pour trois mois dans l'atelier de restauration de tapisseries anciennes de Mr Bobin à Eygalières....... y est restée 7 ans.  Elle y a acquis les techniques nécessaires : retissage, tramage, couture des relais. Tout de suite passionnée pour ce métier, elle a appris à sauvegarder, à consolider, en respectant au plus près l'œuvre,  mais aussi à restaurer, à recréer les parties manquantes pour rendre le plus possible à l'ouvrage, son aspect initial.

Elle s'est plongée dans les livres pour acquérir une culture artistique indispensable au respect de l'œuvre qui lui est confiée mais c'est surtout, dit-elle :"en observant comment opèrent les ouvrières chevronnées que l'on apprend et il faut trois à quatre ans pour être capable de maîtriser la rénovation d'une pièce"

atelier.jpg (15666 octets)

Après avoir travaillé sur de nombreuses tapisseries appartenant à des antiquaires, des collectionneurs ou des musées (musée du Louvre en particulier) Rachida a décidé de créer son propre atelier en 1990. Dans un local attenant à son domicile, un métier à restaurer occupe la place d'honneur. Il permet de déployer la pièce à rénover et de la maintenir uniformément tendue. Aux murs, des casiers pour le rangement des fils de soie, coton et laine. Difficile d'en faire l'inventaire. Malgré ce choix, Rachida ne trouve pas toujours la nuance, le ton exact nécessaire. Pour l'obtenir, elle envoie quelques brins textiles prélevés sur son ouvrage chez un teinturier à Aubusson qui réalise une coloration spécifique du ou des fils nécessaires. Ainsi, en passant plusieurs fils de laine ou soie (ou laine et soie) dans la même aiguillée, elle arrive à retrouver la nuance exacte.

Après avoir travaillé pendant plusieurs mois à la restauration d'un salon XVIII me provenant des Gobelins, elle a participé, en 1994, au concours des Meilleurs Ouvriers de France et obtenu la médaille d'or de sa catégorie. Depuis, grâce à la reconnaissance de la qualité de son ouvrage par la profession, Rachida a vu le nombre de ses donneurs d'ordre augmenter. Elle travaille en sous-traitance pour les musées de France (musée des Arts de Valenciennes, de la soie à Lyon ou Palais de l'Archevêché à Aix). Des antiquaires de renom lui confient des ouvrages : tapisseries XV me, garnitures de sièges. Des collectionneurs font appel à ses services pour réparer quelques objets atteints par les outrages du temps ou .... l'appétit des souris.

En 1992,  un antiquaire parisien lui demande de restaurer une tapisserie mille fleurs du XV me siècle en laine et soie aux armes de Louis Bâtard de Bourbon à partir de deux fragments car la partie centrale manquait. Après des mois de travail cette pièce unique de 270 cm de haut sur 220 cm de large en laine et soie a retrouvé sa splendeur originelle. Il a fallu en particulier tisser une bande de 40 cm de large sur toute la hauteur de la tapisserie afin de réunir les deux fragments et réparer les erreurs dues à des réfections antérieures malheureuses. Cette pièce unique a été revendue à Drouot en décembre 1993.
C'est à partir de ce travail que nous allons essayer de montrer ce qu'est la restauration d'une tapisserie.

    

restauration.JPG (1391 octets)

banniere.JPG (9759 octets)